02/03/2007

Des leçons à tirer…

Voilà neufs mois que mon ex-compagne s’est taillée avec mes deux enfants.

Durant ces neufs mois, mes enfants me rapportaient régulièrement des phrases de chez leur mère. Des choses du genre « papa est méchant », « chez papa on mange tout le temps la même chose », « tu as volé les livres de maman » etc. Il était clair pour moi que leur mère leur bourrait le crâne. J’ai même pensé à ce que j’ai vu énoncé comme le syndrome d’aliénation parentale.

 

Comparant cette histoire avec une histoire passée de mon ex avec un autre père et un autre enfant qui ne se sont plus vu depuis de nombreuses années, j’ai conclu qu’elle avait l’intention de me séparer de mes enfants. Je ne suis pas certain que ce ne soit pas le cas. Mais avant-hier j’ai eu une entrevue avec elle dans un contexte médiatisé. Et elle a exprimé des sentiments à mon égard similaires à ceux que j’avais à son égard. Elle est convaincue que je bourre le crâne des enfants. Elle rapporte des phrases du même ordre que celles que me rapportent les enfants. Je ne sais pas vraiment quoi en penser, soit elle est vraiment dingue et vicieuse, soit j’ai fait fausse route. N’est-il pas vraisemblable que mes enfants assimilent notre méfiance mutuelle, notre animosité et métabolisent cela en nous balançant ces phrases à elle et à moi ?

 

Elle a expliqué dans cette entrevue qu’elle n’avait jamais dit aux enfants que j’étais méchant, mais que j’avais été méchant avec maman. Faisant référence aux pièces de mon dossier judiciaire. Pas étonnant que les enfants aient pu glisser facilement vers « papa est méchant ». Être méchant avec maman, c’est certainement être le mal absolu pour un enfant. Bref, pour ce que j’en sais, elle a déconné, mais peut-être pas bourré le crâne aux enfants. On n’implique pas les enfants dans les conflits qu’on a avec leur autre parent, c’est une énorme connerie. Mais ce n’est qu’une connerie, ce n’est pas vraiment de la malveillance. Enfin, à moins que je me trompe et que ma première impression était la bonne.

 

Voilà ce que j’en pense maintenant.

 

Je pense que la procédure judiciaire en droit de la famille pousse nécessairement à une inflation de violence qui éloigne radicalement les parents en conflit. Je pense aussi que dans la vie, toute vérité n’est pas bonne à dire. Quand on vit avec quelqu’un, ou simplement quand on est en relation avec quelqu’un, même si c’est une relation conflictuelle, on garde des égards pour cette personne. On a des stratégies relationnelles qui font que certaines choses au lieu d’être dites crûment, sont dites avec des formes. Il y a toujours des limites qu’on ne franchi pas, parce que sinon la vie deviendrait impossible. Mais seulement, quand on est dans un cadre médiatisé par la justice, il faut être clair, précis, simpliste. Il faut faire comprendre son point de vue à des magistrats qui ont peu de temps pour évaluer une situation et qui ne prendront jamais le temps d’étudier la réalité d’une famille en profondeur, surtout quand il s’agit de procédures en référé (procédures rapides). Donc on va vite, on balance des arguments crus, de façon cruelle, sur un mode qui n’existe pas dans la vie et qui n’a aucun égard pour autrui.

 

Il faudrait ensuite que des parents qui se sont déchirés devant la justice reprennent confiance l’un en l’autre et retrouvent un projet éducatif commun pour leurs enfants. Penser l’éducation des enfants d’un même regard, cela demande intelligence, confiance, symbiose et tendresse. La justice familiale termine de détruire tout cela quand le couple parental est déjà blessé.

 

La justice est sensée permettre de trancher ces conflits pour le meilleurs intérêt des enfants. Il n’est pas dans l’intérêt des enfants d’attiser l’hostilité entre leurs parents.  

 

Dans les pays anglo-saxon, on appelle cela « de la merde de taureau ».

 

Si vous pouvez vous passer de la justice, vous comporter en personnes responsables envers vos enfants, comme elle et moi n’avons pas été capables de le faire, surtout évitez ce détour destructeur.

Cedric.