13/01/2007

Les femmes enlèvent plus leurs enfants que les hommes.

¿Por qué las madres raptan más que los padres? Why?

Pourquoi les mères enlèvent-elles plus leurs enfants que les pères ne le font?

I don’t know, je ne sais pas, no lo sé, ik weet het niet.

Mais j’ai une idée à ce sujet. Ce n’est pas du tout une idée fondée, c’est juste une réflexion. Une hypothèse, si on veut…

Ce que j’en pense vient de mon expérience personnelle et aussi de ce que je crois savoir de la façon dont change la situation des femmes qui vivent en couple lorsqu’elle et lui ont un ou des enfants.

Quand j'ai connu la mère de mes enfants et que j'ai emménagé avec elle, j'étais surpris qu'elle s'affaire à laver le sol à l'eau une fois par semaine. Moi qui ai vécu dans des fermes, j'ai plutôt tendance à négliger cet aspect des tâches du foyer. Cependant elle avait l'air d'y tenir. Un jour d'été, elle travaillait et j'étais à la maison. Et j'entrepris de passer l'aspirateur et de nettoyer le sol à l'eau. Pas que j'estimais que c'était nécessaire, loin de là, mais seulement que j'estimais que si cela faisait partie des tâches à faire, il n'y avait pas de raison qu'elle le prenne en charge seule. Quand elle est rentrée, elle a constaté que c'était propre (moi je ne voyais pas la différence) et sa réaction a été surprenante pour moi. Plutôt que d'apprécier que je prenne en charge cette tâche importante pour elle et ridicule pour moi, elle m'a dit : "je n'aime pas t'imaginer une serpillière à la main, ce n'est pas viril". Je suis d'abord resté coi. Vexé qu'elle n'apprécie pas et bousculé dans les convictions féministes qui ont forgé le parcours qui a fait un homme de l'enfant que j'étais. Après un moment, j'ai réagit en lui disant que je ne pensais pas que les femmes étaient nées avec un capital génétique qui les prédisposaient plus aux tâches ménagères que les hommes. Elle n'en démordait pas, mais elle fini, à la longue, par trouver commode de se départir de cette activité une fois sur deux. J'ai fini par imposer doucement un partage relativement équitable des tâches à la maison. Ce qu'elle refusait que je fasse, c'est la lessive. Parce que ses vêtements lui paraissaient trop précieux pour m'en confier les soins. Soit, pourquoi pas. Nous avons trouvé un équilibre là-dedans parce que du coup je mettait un point d'honneur à être plus assidu à d'autres tâches comme le nettoyage des chiottes (tâche éminemment féminine à en croire ce qui se passe dans la plupart des foyers).

Mais dès la naissance de notre premier enfant, les choses ont basculé. Bien que je savais, parce que je l'avais lu dans des enquêtes féministes sur le partage des tâches, que l'arrivée d'un enfant plongeait la femme dans les activités du foyer et renvoyait l'homme à l'extérieur, rien n'y a fait. C'est comme ça que ça s'est passé pour nous aussi.

D'abord son congé de maternité et mon entrée dans la vie professionnelle ont coïncidés. Donc elle était à la maison, à s'occuper du bébé et moi je travaillais. Donc quand je rentrais, tout était fait. Désireuse de se consacré à l'enfant, elle a prolongé son congé de maternité par un congé parental d'éducation (c'est un truc français qui permet à un parent d'être indemnisé jusqu'à trois ans pour l'éducation d'un enfant en bas age). Elle était fonctionnaire de l'état depuis plusieurs années et pensait qu'une pose dans sa carrière lui ferait du bien. Moi au contraire qui n'avait jamais été salarié, j'entrais donc dans la vie active. Autant dire qu'à partir de là, je me suis limité à faire le repas, les courses et à passer l'aspirateur une fois sur dix. Quand j'étais présent à la maison (le soir, les week-end) je prenais en charge les soins à l'enfant.

Progressivement, elle a perdu son autonomie financière. La totalité de son indemnité parentale passait dans le loyer et les charges, je prenais donc à mon compte tout le reste. Cela n'est pas sensé changer grand-chose. Elle avait 700 euro et moi 1500, j'aurais pu payer le loyer et les charges moi-même. Mais ça ne s'est pas fait comme ça. Donc pour toutes nos dépenses courantes, c'est ma carte bancaire qui tournait. Je lui laissais du liquide pour ses besoins et ses envies et pour ne pas avoir de contrôle sur ses achats. Mais voilà, dans les faits son autonomie financière était réduite. Il est arrivé qu'elle estime qu'il était utile d'acheter un meuble ou je ne sais quoi. Pour ça il fallait qu'elle m'en parle et qu'elle obtienne de moi que j'y consente. Si elle avais gardé ses 700 euro et que j'avais amputé mon salaire du loyer et des charges, ç'aurait été différent. Là, il m'est arrivé de céder à contre coeur. Je cédais généralement pour la seule raison qu'elle était de fait coincée financièrement et que je savais que si elle avait jouit de son autonomie financière elle ne m'aurait pas demandé mon avis. Ce que j'estimais légitime.

Bref, tout ça pour dire qu'à partir de ce moment, je travaillais, elle non, elle assumait la quasi totalité de ce qu'il y avait à faire au foyer et elle était dépendante de moi financièrement.

Quand nous nous sommes installés à Bruxelles, un peu plus d'un an après la naissance de notre deuxième garçon, ma situation professionnelle s'était encore consolidée et la sienne s'était encore fragilisée parce qu'elle quittait un pays dont elle était fonctionnaire. C'est-à-dire qu'à moins de trouver de l'emploi dans une institution de la république française en Belgique, elle était condamnée à renoncer à ses acquis d'ancienneté et à la sécurité de l'emploi que lui conférait son statut de fonctionnaire. (Le fait est qu'elle avait la possibilité d'entrer dans une institution française en Belgique, mais à ce moment elle avait déjà décidé de partir et de confisquer les enfants.)

C'est dans ces circonstances qu'elle est partie avec notre petit en prétextant des vacances et qu'elle n'est pas revenue. Durant des séjours précédents en France, elle avait préparé un dossier avec un avocat local. Et la dernière fois qu'elle est revenue, c'était pour emmener le petit qu'elle savait qu'elle ne pourrait pas enlever parce que jamais il n'aurait couru vers elle si elle s'était présentée à la crèche, comme ce fut le cas quand elle est venue enlever le grand à l'école.

Bref, elle se taille, elle m'attaque en justice en France et elle vient furtivement enlever le deuxième enfant à l'école tandis que je suis au travail. La chronologie vous l'avez en partie dans le post précédent.

Que puis-je tirer comme conclusions de cette histoire, de notre histoire, pour répondre à cette question :

Qu'est ce qui fait que les mères enlèvent plus leurs enfants que les père ne le font?

La question de l'autonomie, notamment financière, et de la fragilisation sociale de la femme mère en contraste avec la consolidation sociale de l'homme père n'est pas inconnue. Elle n'est pas particulière à mon histoire familiale. Elle est étudiée de longue date par des chercheuses et des chercheurs féministes. Mais comme j'écris ici à brûle pourpoint, je n'ai pas de références à proposer. Certaines références se trouvent sans aucun doute au centre de documentation de l'Université des femmes, à Bruxelles.

Il est notoire que les femmes victimes de violence de la part de leur compagnon ont tendance, quand elles trouvent la force de se soustraire à cette situation, à quitter la maison, à fuir. Cette pratique est d'ailleurs jugée injuste depuis peu. Si bien que certaines dispositions légales ont été prises pour éloigner le compagnon du foyer, plutôt que d'obliger sa compagne à fuir.

La fuite n'est-elle pas la solution privilégiée par ceux qui sont en situation plus délicate? En couple avec des enfants, la femme est plus fragile et l'homme plus stable et indépendant socialement. Donc elle part et lui reste. Conséquence secondaire, l'homme est alors contraint d'assumer lui-même les tâches jusqu'alors dévolues à la femme. Mais la femme ne sort pas moins fragile de ce foyer sclérosé. Il lui faut trouver les ressources nécessaires à sa vie autonome. Bien souvent elle doit se tourner vers l'aide social ou pire le foyer d'accueil.

Digression :

Mon ex-compagne, depuis qu'elle est partie, est dans une situation relativement précaire. Elle n'a pas retrouvé de travail, mais son statut de fonctionnaire lui ouvre le droit à des prestations sociales un peu supérieures à celles auxquels les autres citoyens ont droit. Elle s'en sort tout juste. Mais n'est pas à l'abris d'un naufrage social. Notamment parce que les procédures judiciaires dans lesquelles nous sommes engagés lui ont imposé d'emprunter à la banque une somme qu'elle n'est pas certaine de pouvoir rembourser.

Pour ma part, je ne suis pas franchement ébranlé par la nécessité d'assumer les tâches ménagère. Je n'ai pas de problème de virilité à me servir de la serpillière et dans le meilleurs des cas, je me fout un peu de l'état du sol. Pour ce qui est de la question socio-économique, je n'ai pas de problème particulier, j'ai gardé mon salaire et j'ai pu emprunter à des amis (ou recevoir d'eux) plutôt qu'à la banque pour assumer les frais de justice.

Voilà, je suppose donc que si les femmes sont plus promptes à enlever leurs enfants, c'est parce que les hommes, même dans une situation où le couple parental devient insupportable, sont dans la plupart des cas plus solides dans cette situation que les femmes. Ils n'ont pas vraiment de raisons matérielles pour partir et ils jouissent d'une autonomie que n'ont souvent pas leur compagne. Pour elle, partir c'est en quelque sorte s'émanciper. Il est vraisemblable que lors de négociations franches entre l'homme et la femme qui doivent mettre un terme à leur couple et leur vie commune, la femme ait moins de marge de manoeuvre et soit en position de faiblesse.

Par contre, quand elle sort du foyer et que des enfants sont au centre des enjeux (alors qu'ils n'ont rien demandé, eux), elle sait que les magistrats souvent réactionnaires et empreints des vieilles conceptions chrétiennes lui seront toujours plutôt favorables quant à la question de la garde des enfants. Mon ex-compagne me répétait toujours : "les enfants vont toujours avec la maman, ils ont besoin de leur maman!". Et le père, il pue de la gueule? Oups.

Il reste que cette pratique est parfaitement déloyale et irrespectueuse tant à l'égard des enfants qu'à l'égard du père de ces enfants. Elle est même parfaitement destructrice pour l'équilibre psychologique des enfants. [Et dans le cas de notre histoire, aurait pu être évitée si mon ex avait accepter d'entrer en médiation.]

Pour revenir à la réflexion.

En reprenant cette histoire depuis le jour où elle m'a dit qu'elle ne trouvait pas viril que je passe la serpillière et en croisant cela avec ce que j'ai pu lire de la transformation des rapports entre homme et femme au court de la vie d'un couple devenant couple parental, je pense pouvoir dire que tout ceci est un traquenard tendu à celles et ceux qui pensent que les femmes ont gagné une réelle égalité des droits et de traitement et à celles et ceux qui pensent que les hommes ont une place réellement confortable dans le foyer, dans le couple et dans la société.

Nous en sommes loin. Dans le couple parental, homme et femme restent aliénés, liés à des rôles salement sexués qui en cas de mésentente, de conflit, de mort de l'amour, induise aussi la destruction du respect élémentaire que l'on doit au père ou à la mère de ses enfants et à tout être humain. Elle en souffre, il en souffre et leurs enfants en souffrent. C'est "inhumain".

Pour conclure ce billet.

Nous ne trouvons pas de configuration équilibrée dans nos couples, dans nos relations amoureuses, dans nos alliances secrètes ou non, dans nos bouts de chemin ensemble qui deviennent des morceaux de vie ou des vies entières. Les vieux schémas qui puent reviennent au galop même quand on sait qu'il faut s'en départir. Le monde du travail et les institutions restent des obstacles à l'égalité entre homme et femme. Les hommes et les femmes en lien dans leurs relations amoureuses, intimes, au foyer et en dehors, restent désarmés face à leur aliénation dans le couple. Et les conséquences peuvent être désastreuses : de la petite frustration quotidienne au du malheur de ceux qui restent sans aimer, jusqu'aux déchirures qui font souffrir les enfants plus que toutes les vexations de l'école.
enfantsprison
Quel naufrage que de devoir en définitive faire appel à la justice, celle qui mets les toxicomanes et les désoeuvrés en prison, pour dire comment des enfants doivent vivre avec leur père et leur mère !

Il n'est pas question de voir dans ce que je viens d'écrire un quelconque plaidoyer pour donner plus de droits à la femme contre l'homme. Je pense qu'ils sont autant l'un que l'autre les victimes et les acteurs des rapports humains dans lesquels ils sont pris. Qu'il faut trouver dans chaque cas, dans chaque relation, les pratiques et les moyens que l'un et l'autre puissent s'épanouir sans se renier, en toute autonomie, dans un partage solidaire, fraternel et amoureux de tout ce qu'il y a à faire ensemble. Jamais une loi, jamais une directive ne permettra cela. Il faut l'inventer et l'imposer aux institutions.

Dans le cas de notre histoires, à mon ex-compagne, à mes enfants et à moi, je pense que nous avons déconné sur la relation et sur nos places respectives dans le couple. Mais je pense aussi que sur la "résolution", c'est elle qui a fait la conne. Enlever des enfants, attaquer en justice, plonger dans la marde au risque de tout déstructurer pour nos enfants, parce qu'elle pensait que la justice donnerait plus raison à "la maman" qu'au "monsieur", c'était une folie. Elle a cédé à ce qui avait l'apparence immédiate de la facilité. Aujourd'hui nous nous en mordons tous les doigts, et les doigts des nos enfants, de mes enfants, sont tout petits. Cette folie nous à tous plongé dans le désarroi, le mal-être et l'injustice.

Je n'ai plus qu'une chose à dire : prenez soin de vos amours et construisez avec elle et avec lui ce qu'il faut pour être libres ensemble et que le lien que vous nourrissez vous permettent d'aller plus loin, chacun et à deux.

Cedric.

07/01/2007

Que reste-t-il à gagner?

De tout temps les femmes ont été maintenues dans des statuts subalternes de dépendance et de soumission, reléguées aux tâches privées, exclues de la sphère publique, de la prise de décision, contraintes de travailler plus dur pour des conditions d’emploi et de rémunération plus médiocres que les hommes. Contraintes aussi d’assumer à la fois le travail hors de la maison et souvent la totalité du travail domestique. Aliénées à l’extrême, sans droit de contrôle même sur leur fécondité, privées de la liberté de jouir librement de leur propre corps…

 

Il fallait qu’elles prennent les choses en mains, qu’elles s’opposent à l’oppression, qu’elles obtiennent l’égalité des droits et l’égalité de traitement en toutes matières.

 

- A travail égal, salaire égal !

- Liberté de la contraception et de l’avortement.

- Egalité politique.

- Partage du temps de travail et partage des tâches ménagères.

 

La route a été longue et nous ne sommes pas encore arrivé au bout.

Il a fallu réfléchir, manifester, s’opposer violement à la répression. Elles se sont entendues dire qu’à réclamer l’égalité elles allaient perdre leur identité de femme. Mais toutes blondes qu’elles fussent, elles maîtrisaient les mathématiques. Et savaient que le contraire de « égal » n’est pas « différent » mais est « inégal », qu’il fallait revendiquer l’égalité et la différence.

 

En Belgique les grévistes de la Fabrique Nationale ont donné une forte impulsion au mouvement féministe. Sur les trottoirs, les hommes regardaient défiler leurs compagnes et leurs sœurs, ils leurs donnaient raison, mais ils étaient peu à les rejoindre.

 

Le mouvement pour la liberté de l’avortement a gagné une ampleur inouïe, la population, les femmes en tête, a renversé les structures rétrogrades d’une société trop vieille. Ce fut l’emballement pour la liberté de mœurs, les vieilles institutions n’en touchaient plus une, tout dans la société explosait contre elles.

 

Les femmes ont pensé leur condition, ont pris les choses en mains et ont inventer une place pour elles dans une société qui ne les considéraient pas comme citoyennes à part entière.

Symboliquement elles ont gagné sur toute la ligne. Dans les fait, rien n’est acquis. Certes, elles jouissent de droits théoriques, elles ont gagné le droit à la parole, leurs droits politiques. L’avortement est dépénalisé, leur intégrité physique et morale est garantie par la loi. Mais le partage des taches ménagères n’est pas réalisé, surtout dès la naissance du premier enfant. Elles sont toujours moins payées que les hommes pour un même travail. Elles sont surreprésentées parmi les chômeurs. Elles restent les principales victimes de la violence faite aux personnes. Elles sont sous-représentées à tous les niveaux de décision et de pouvoir. Et la liste peut s’allonger indéfiniment.

 

Pourtant, les rapports entre les hommes et les femmes ont changé profondément, sous l’effet de la lutte des femmes. Parce qu’elles ont décidé de mettre un terme à leur oppression. Maintenant elles peuvent dire non quand elles ne veulent pas, et elles le font. Elles sont devenues capables d’autonomie, financière, décisionnelle et affective.

 

Ce chemin elles l’ont fait seules, les réflexions et les actions qui les ont mené ici, ont été faites par les femmes et pour les femmes. Et les conditions de départ étaient tellement accablantes que le chemin parcouru en quelques années est étonnant.

 

Mais voilà, il est temps à la fois de faire le bilan et de regarder ce qui fait défaut. Au-delà des défaites, au-delà de ce qui n’a pas abouti ou de ce qui ne restent que des acquis de principe, il y a des écueils profonds. Des écueils que l’on doit autant à la force et la violence des réalités sociales dont les femmes voulaient se libérer, que du manque d’engagement des hommes dans le processus d’émancipation.

 

La place des femmes dans la société et auprès de leurs frères et compagnons a été repensée et a changé. Les rapports sociaux dans lesquels sont pris les femmes ont changé. Mais la place des hommes dans ces configurations est restée presque identique. Ils n’ont pas fait le chemin avec leurs sœurs et leurs compagnes. Elles ont avancé et eux non, ils sont restés en arrière sur la route.

 

Aujourd’hui, face aux femmes, à leurs droits acquis, à leur droit de parole, à leur autonomie dans tous les domaines de la vie, les hommes sont perdus. Ils n’ont pas trouvé leur place et aucune place n’a été pensée pour eux. Ni par eux, ni par les femmes.

 

Ici, c’est cette question que je voudrais envisager. Quelle place les hommes doivent-ils aujourd’hui trouver auprès de leurs sœurs et de leurs compagnes. Parce ce que ce que nous vivons aujourd’hui, hommes et femmes, dans la vie affective, dans la vie au travail, dans les loisirs, dans les foyers, avec nos enfants, c’est une situation aliénante où personne ne semble trouver son compte et où le mode de relation semble bien plus basé sur le conflit et le reproche mutuel que sur la fraternité, la coopération, la solidarité et l’amour.

 

« Tu as voulu ta liberté, et bien démerde-toi » disent-ils. (Sur l'air puant de "être une femme libéré... gna gna gna")

 

« Assume et écrase-toi » disent-elles.

 

Moi j’ai juste envie de lui dire que je l’aime et que je veux former avec elle, avec elles, un groupe solide et égalitaire (disons solid-aire) dans lequel elle et moi sommes libres, sereins et heureux. Je veux de la fraternité et de l’amour. Je veux que ce que nous bâtissions ensemble soit la voie de notre émancipation, même l’un de l’autre.

 

Tout reste à inventer. Le mouvement féministe n’a pas permis qu’une place se libère pour cela. Parce que les hommes ne s’y sont pas suffisamment engagés en tant qu’hommes. Parce que quand ils se sont battus auprès de leurs sœurs c’était pour elles en s’oubliant eux.

 

A nous maintenant, main dans la main avec nos soeurs et nos compagnes, de faire le chemin qui nous rendra la liberté et nous permettra de ne plus souffrir de l’existence de l’amour.

 

Chronologie du statut de la femme et du mouvement féministe en Belgique >>

06/01/2007

Bon, revenons un peu sur la procédure Bruxelles II bis.

Le règlement Bruxelles II bis est sensé permettre de réduire les délais au maximum.

 

C'est-à-dire accélérer toutes les procédures nécessaires au rapatriement d’enfants enlevés par l’un de leurs parents. Ca veut dire que lorsque l’autorité centrale est saisie, qu’elle a transmit le dossier à son homologue dans le pays où se trouve frauduleusement l’enfant, et que l’autorité centrale en question a saisi le tribunal compétent au niveau local, ce tribunal a au maximum 6 semaines pour rendre une décision de justice quant au retour des enfants.

 

Je voudrais faire deux remarques :

 

Première remarque :

 

En pratique, cela signifie qu’il faut être très convaincant avec l’autorité centrale du pays demandeur (celui d’où les enfants ont été enlevés). Il faut que dans le dossier présenté il y ait des preuves matérielles irréfutables que les enfants enlevés avaient effectivement leur résidence habituelle dans le pays demandeur.

 

L’esprit de la Convention de La Haye veut que les enfants ne puissent être retirés de leur milieu habituel de sociabilité sans le consentement des deux parents jouissant de l’autorité parentale (ou des tuteurs). Ce qui explique que les preuves strictement administratives, telle que des papiers de domicile des enfants, ne soit pas intéressant dans cette procédure. Un enfant domicilier à Paris et qui vit à Bruxelles ne va pas être considéré comme parisien. Les enfants n’ont que faire de la question du domicile, ce qui les intéresse c’est leurs copains, leur école, leur club de sport etc.

 

Les meilleures preuves sont celle d’une scolarisation suivie, d’une fréquentation assidue de la crèche pour les petits, de la fréquentation de clubs de sports, d’activités diverses. Des témoignages de personnes qui peuvent attester que les enfants vivaient bien ici et non là-bas. (Je dirai « ici » pour désigner l’endroit d’où les enfants sont enlevés.)

 

Ca vaut vraiment la peine de jeter un œil dans le manuel dont je finirai par mettre les références en ligne ici. Notamment parce qu’il fait état de divers temps de résidence pour que la justice considère que l’enfant vivait bien « ici » en fonction de l’age de l’enfant. Je sais que pour les moins de 6 ans, 6 mois sont suffisant.

 

Attention, il faut noter que s’il y a un accord entre les parents pour que le séjour « ici » soit de durée déterminée, que c’est le parent plaignant qui ne respecte pas ce contrat et que l’autre peut faire la preuve de cette temporalité et qu’elle est arrivée à terme, la plainte ne sera pas entendue. (C’est théorique hein).

 

Il faut donc non seulement faire la preuve de la résidence habituelle de l’enfant « ici » mais aussi prouver que le projet de vie était « ici ». S’il n’y a ni de preuve de cela, ni du contraire, le bénéfice du doute ira au lieu de résidence habituelle de l’enfant.

 

Bref, tout ceci doit être limpide parce qu’il faut convaincre l’autorité centrale du pays requis (celui où les enfants ont été enlevé) de saisir le tribunal compétent. Le plaignant peut saisir le tribunal compétent par lui-même. Mais si l’autorité centrale du pays en question n’intervient pas, les chances d’aboutir sont maigres.

 

Le but d’avoir des preuves limpides est que le délai entre l’introduction de la requête devant l’autorité centrale du pays demandeur et la saisine du tribunal local soit le plus réduit possible. Ca peut traîner si on s’y prend mal.

 

 

Deuxième remarque :

 

La procédure au tribunal local du pays requis oppose le parent qui est réputé avoir enlevé les enfants est attaqué en justice par l’Etat requis, en vertu des conventions qui le lie aux autres pays de l’Union Européenne. En l’occurrence la Convention de La Haye.

 

Le parent plaignant ne fait pas partie de la procédure. Sauf s’il se constitue « partie volontaire ». Cela veut dire qu’un avocat local (alors je ne suis pas certain que ce soit partout comme ça, mais en tout cas, ça fonctionne comme ça en France) doit signaler à l’avocat général (le représentant de l’Etat requis auprès du tribunal local) qu’il veut intervenir volontairement pour défendre la cause du parent plaignant. Ca pause des problèmes. Notamment parce que le procureur, ou l’avocat général ou je ne sais pas quel nom on lui donne encore, ne peut recevoir de documents (pièces, preuves etc.) de l’intervenant volontaire. Toutes les pièces doivent lui être transmises par le ministère de la justice, c'est-à-dire l’autorité centrale de pays requis.

 

Ca peut paraître un peu en contradiction avec la volonté du règlement européen Bruxelles II bis d’accélérer les procédures, mais c’est comme ça. Un vice du règlement. Pouvaient pas réfléchir à tout… ce sont quand même des technocrates.

 

Donc toutes les pièces doivent être communiquées le plus rapidement possible à l’autorité centrale du pays demandeur qui transmet à son homologue, qui lui-même transmet à l’avocat général. C'est-à-dire beaucoup de délais de poste et un alourdissement en terme de procédure.

 

Faudra que nos chers députés zeuropéens reviennent sur le texte pour régler quelques coquilles de cet ordre. Il y en a d’autres. J’y reviendrai une prochaine fois parce que là faut que j’aille faire pipi.

 

Allez, courage les papas et les mamans qu’on pas fait le bon choix.

Le tout c’est d’éviter la haine.

C.

18/09/2006

Ca commence fort !

J’ai encore rien dit que déjà on m’envoie un mail pour me demander des conseils… Avec un peu de chance je vais terminer ma carrière comme riche consultant contre les enlèvements parentaux.

Je reproduis l’e-mail en partie ici en « l’anonymisant » et je réponds après :

 


Bonjour,

Père d’une fille de 8 ans et d’un garçon de 6 ans [habitant la Belgique (ndlr)]

[…]Ma compagne est partie à Paris avec mon garçon et a décidé de rester là-bas.

[…]Elle menace de venir chercher ma fille.

[…]J’ai vu un avocat qui va faire une requête en extrême urgence au tribunal pour demander de me confier la garde.

[…]Il faut aussi que je fasse une demande de retour à la Haute Autorité.

[…] 


Ce que tu racontes mérite plusieurs remarques :

 

Autorité Centrale

D’abord ce que tu appelles « la Haute Autorité » est en fait l’Autorité Centrale. C’est une structure mise en place par la convention de La Haye pour gérer administrativement les enlèvements parentaux internationaux. Elle dépend du Ministère de la Justice.

 

La Loi

Les deux textes de loi auxquels il faut que toi et ton avocat se réfèrent pour faire revenir ton fils sont : la Convention de La Haye et le Règlement Bruxelles II bis. Il y a un guide d’utilisation du règlement qui est très bien fait et qui doit permettre d’y voir plus clair. Je n’ai pas les références ici, mais je vais essayer de te les trouver.

 

Procédures indépendantes

Il faut que tu saches que les deux procédures que tu entreprends sont indépendantes. C'est-à-dire que la décision prise par le tribunal de première instance sur requête unilatérale n’a rien avoir avec la décision qui sera prise sur ta requête en retour introduite auprès de l’autorité centrale. Le tribunal de première instance peut statuer à tire précaire (c'est-à-dire provisoire) sur l’hébergement des enfants et leur domicile légal. L’autorité centrale va devoir (si elle juge ta requête recevable) saisir le Tribunal de Grande Instance (TGI) de Paris pour lui demander de statuer sur le retour. Cette procédure vise exclusivement à rétablir une situation qui a été défaite par « voie de fait ». Ca veut dire que si ta compagne a enlevé votre fils (déplacé sans ton accord) le TGI de Paris devrait dire : on remet les choses en état comme s’il n’y avait pas eu d’enlèvement et ensuite ce sera à la justice belge de trancher le litige en matière d’hébergement et d’autorité parentale.

 

Requête en retour

En clair le TGI de Paris va devoir répondre à trois questions :

La résidence habituelle des enfants était-elle à Bruxelles avant l’enlèvement ?

L’autorité parentale est-elle partagée entre les deux parents ?

Y a-t-il un motif pour refuser le retour ? (Le seul motif valable serait que la justice belge n’est pas en état d’assurer la protection de l’enfant. Ce qui n’est pas le cas.)

Si le TGI dit qu’il y a eu enlèvement, que l’autorité parentale est partagée et que la Belgique n’est pas une république bananière, alors il doit ordonner le retour de ton fils.

Ensuite à toi de saisir le tribunal belge de la jeunesse pour trancher le litige (à moins que tu puisse trouver une entente avec ta copine).

 

Requête unilatérale : Prudence !

Pour la requête unilatérale, fais super attention, c’est un piège !

Bien que les deux procédures soient indépendantes, le responsable parisien de l’autorité centrale ne le sait pas (j’ai eu le même problème). Ca veut dire que si par malheur une décision belge au terme d’une procédure à ton initiative irait dans le sens de ta compagne (lui confier la garde à titre provisoire – ce qui est très probable étant donné que tu n’est qu’un homme et qu’elle est une mère [j’y reviendrai quand le blog démarrera vraiment]), l’autorité centrale française risque de vouloir bloquer la procédure en disant « la justice belge confie la garde à madame, je ne fais plus rien ». C’est ce qui m’est arrivé ! Ca t’obligerait à aller en Appel, beaucoup de temps et d’argent… ça ne vaut pas la peine.

 

Protéger l’enfant restée ici

Si je peux te donner un conseil, évite de saisir un tribunal d’urgence avant d’avoir la date de l’audience devant le TGI de Paris. Et encore, parce que le ministère peut toujours donner ordre au procureur de la république de demander que le TGI ne statue pas. Et sache que pour avoir cette information il te faudra un avocat français qui suit l’affaire. Parce que tu n’es pas partie prenante dans ce procès. C’est le ministère de la justice français contre madame. Tu ne peux être qu’intervenant volontaire par le biais d’un avocat qui fait savoir au Parquet de Paris et au Juge aux affaires familiales (JAF) qu’il va intervenir pour toi.

Il faut donc que tu saches qu’une action de ta part en Belgique risque de faire capoter la procédure de retour qui est vraiment la plus rapide qui existe. Après tu vas devoir te dépêtrer avec les tribunaux des deux pays et ça va être la merde.

Pour protéger ta fille restée ici, je pense qu’il n’y a que la vigilance qui soit de mise. Prévient le personnel de son école, dit à l’institutrice de t’appeler en urgence au cas ou la mère débarque ou bien change-là d’école. La situation se rétablira après décision de justice.

 

La résidence habituelle

C’est la notion clé de cette affaire. On n’a que faire de savoir où est le domicile légal des enfants. Ce qui compte c’est leur lieu de vie sociale. Il faut prouver que les enfants vivaient en Belgique. Pour cela il faut des certificats de fréquentation scolaire, il faut les copies des carnets de présence, des certificats de fréquentations d’activités (sport, musique, théâtre, ateliers…) et des attestations (témoignages) de l’entourage qui peut établir la permanence de la présence des enfants en Belgique. S’ils étaient présents depuis moins de 6 mois, il faut aussi prouver que le projet de vie à moyen terme était ici. Ca c’est plus difficile et cela dépend des situations personnelles. Contrat de bail, contrat de travail, preuve de recherche d’emploi, témoignages. Attention, les témoignages doivent être rédigés sur le format français parce qu’ils devront servir au TGI de Paris (je te fais passer le format par mail).

 

Part d'expérience

Ton parcours va être long et pénible. Mais il faut garder courage. C’est ce que m’a dit mon avocate quand elle a accepter l’affaire. Et elle n’a pas menti. Le fait d’être père face à des magistrats qui en sont restés aux représentations parentales du 19ème siècle n’arrange rien. Le père est toujours perdant, sauf s’il se bat bien, qu’il garde espoir et qu’il n’abandonne jamais. Les procédures auxquelles tu es confronté sont récentes et très complexes, tu t’en rendras compte, seul un avocat spécialisé peut en venir à bout (et encore ça lui demande un travail dingue). Si tu peux obtenir une situation négociée par voie de médiation, va gagner beaucoup de temps et perdre beaucoup moins d’argent. En plus tu n’aura pas faire étalage de votre vie devant des tribunaux qui réclament toujours une surenchère de méchanceté et de violence. Ce n’en serait que mieux pour tes enfants. N’oublie pas qu’entre Paris et Bruxelles il n’y a que 2 heures de train. Il va sans doute falloir rogner sur les principes pour leur bien-être.

 

Quoi qu’il en soit, la première chose à faire c’est obtenir le retour du garçon par le biais de l’Autorité Centrale. Le reste viendra plus tard.

 

J'espère que ces quelques remarques t'auront été utiles et répondent à ta question. N'hésite-pas...

 

Salut à toi.

On avait pourtant bien commencé...

Déclaration des droits de l'homme et du citoyen
Mercredi 26 août 1789

17/09/2006

Introduction (objectifs)

Le monde bouge... lentement.

 

Les normes et les lois mettent beaucoup de temps à intégrer les avancées sociales et culturelles. Le cas du droit de la famille en est un triste exemple.

 

Les combats féministes ont échoués sur bien des fronts. "A travail égal salaire égal" n'est resté qu'un slogan, l'accès des femmes aux statuts valorisés est minime, les femmes n'obtiennent un réel accès aux lieux de décisions (conseils communaux, parlements régionaux, parlements nationaux) que quand le pouvoir effectif quitte ces lieux de décision pour d'autres (parlements européens, conseil de l'Europe, organisation internationales, etc.).

 

Elles ont pourtant acquis deux choses. La première c'est que leur intégrité physique et morale soit reconnue (ce qui ne veut pas dire respectée). La seconde c'est que le partage des tâches et des responsabilités dans le foyer puisse être discuté. Pourtant, même alors que le partage des tâches au foyer est reconnu comme un droit, de façon très générale l'arrivée d'un premier enfant réduit toute velléité égalitaire à néant.

 

Le fait que les femmes sont encore et toujours unanimement considérées comme les responsables absolues et uniques de l’enfant et du foyer quand s’y trouve un enfant est une aliénation qui mérite d’être discutée. La naturalisation de l’activité de prédilection de la femme réduite au rôle de mère n’est cependant pas une aliénation que pour elle. L’injustice de cette façon de concevoir le monde de la famille (et du même trait, le monde du travail) est aussi une injustice pour l’homme qui est réduit par complémentation au rôle de « public relation » et de « chef de ménage ». Chef dont il n’a d’ailleurs que le titre puisqu’il reste sans presque aucun droit réel à propos des enfants si un conflit venait à intervenir dans le couple parental.

 

L’objet de ce blog est triple :

 

- Faire un bilan partiel de ce que nous ont apporté les luttes et les études féministes et de ce que le combat féministe n’a pas obtenu.

 

- Actualiser la pensée féministe en l’appliquant à l’homme en tant que classe minorisée. C’est une tâche ardue. L’homme détenteur de la domination politique et économique est pourtant lui aussi enfermé dans des rôles qu’il n’a pas d’autre choix que d’assumer.

D’une part, alors que le corps de la femme a enfin été exploré par un égard que les féministes ont réussi à imposé, celui des hommes reste ignoré et sa sensualité est niée.

D’autre part, l’homme à qui l’on a demandé de partagé le pouvoir tant dans les sphères publiques que privées, se retrouve maintenant face à des injonctions contradictoires dans le cadre de la vie de couple et de famille. Assume! lui dit-on. Mais qu’il ne s’avise pas de le faire.

 

- Apporter un éclairage sur ce qui arrive aux hommes qui ont décidé de prendre pleinement en main l’éducation de leurs enfants et d’assumer leur rôle de père de façon soutenue, lorsqu’ils entrent en conflit avec la mère de leurs enfants… et que la justice s’en mêle. En particulier, je partagerai ici mon expérience de la façon dont la justice belge, française et communautaire traite l’enlèvement parental international de deux enfants en bas age. Mettant le savoir acquis dans la longue route qui mène à la résolution du conflit au service des parents qui sont et seront confronté à la Convention de La Haye, au règlement communautaire « Bruxelles 2 bis » de 2003 et à la façon pusillanime que les magistrat ont de les mettre en pratique.